À l’heure où les discours se crispent et où les fractures sociales, écologiques et démocratiques traversent nos vies, les mots restent un point d’appui fragile mais essentiel.
Au Grand Cordel MJC, nous faisons le choix des littératures contemporaines, de l’oralité et des écritures au plateau. Des écritures qui se disent autant qu’elles s’écrivent, qui circulent entre le livre, la scène et l’espace public.
La poésie est au coeur de ce projet. Une poésie vivante, qui s’affranchit des cadres, prend le devant de la scène, dialogue avec le théâtre, la performance, la musique ou les arts visuels. Une poésie qui se réinvente, explore, bouscule les formes et les langages. Sa diversité saisissante ouvre un champ des possibles et témoigne d’une formidable vitalité des écritures.
Poètes et poétesses, écrivain·es, performeur·euses… les artistes que nous accueillons incarnent cette vitalité. Leurs oeuvres font dialoguer poésie et politique, intime et collectif, expérience sensible et réalités du monde. Elles nous invitent à déplacer nos regards.
Le Grand Cordel MJC est aussi un lieu d’émergence. À travers des résidences, des ateliers, des temps de recherche, des scènes ouvertes et des rencontres, nous accompagnons les nouvelles voix et les formes en devenir. Parce que créer suppose de pouvoir chercher, expérimenter, partager et rencontrer les publics.
Cette année, le Grand Cordel MJC fête ses 60 ans.
Depuis six décennies, les MJC défendent une même ambition : faire de la culture un levier d’émancipation, développer l’esprit critique, favoriser la participation de toutes et tous à la vie culturelle et démocratique.
Cet héritage continue de guider notre action. Faire du Grand Cordel MJC un lieu où l’on vient voir un spectacle ou écouter une lecture, mais aussi écrire, débattre, expérimenter, transmettre et créer ensemble.
Les rendez-vous Écrire & Dire, les résidences d’artistes, les ateliers, les scènes ouvertes du 3par2, les projets menés avec les habitant·es, les établissements scolaires et les acteur·ices du territoire, les débats citoyens ou encore le Festival Écrire & Dire participent d’un même mouvement : faire de la culture un espace de rencontre, de liberté, d’émancipation et de transformation.
Dans un contexte de fragilisation des financements publics de la culture, nous souhaitons rappeler l’importance des moyens consacrés à ces missions. Leur évolution récente, marquée par une baisse progressive des subventions et une multiplication des appels à projets, fragilise les structures associatives et leur capacité à inscrire leurs actions dans la durée. Les financements pluriannuels, garants de stabilité, de confiance et de continuité pour les projets culturels et les équipes qui les portent, tendent à se raréfier, alors même qu’ils constituent un cadre essentiel pour permettre un travail au long cours.
Nous vous invitons à partager cette nouvelle saison avec nous.
À lire. À écrire. À écouter.
À prendre la parole.
Et, ensemble, à inventer d’autres manières de faire société.
— Flavien Thieurmel et Elouan Emeraud, co-présidents / Laëtitia Degeuse, directrice

